Boîte à outils d’IFC Genre et infrastructure Arguments économiques : Plastiques

Argumentaire : Plastiques

Le secteur mondial de la gestion des déchets plastiques devrait croître à un taux annuel d’environ 5 % jusqu’en 2032 au moins. Dans les économies émergentes, la gestion des déchets plastiques est à la fois à forte intensité de main-d’œuvre et hautement sexospécifique. Dans la main-d’œuvre informelle qui traite près de 60 % des déchets plastiques dans le monde, les femmes sont surreprésentées dans les fonctions les moins bien rémunérées, notamment le tri, la collecte et le regroupement des déchets. Au sein des ménages, les femmes sont généralement responsables de l’élimination des déchets. La reconnaissance du rôle que jouent les femmes dans la gestion des déchets plastiques peut contribuer à améliorer l’efficacité du secteur, à libérer une valeur marchande inexploitée et à mieux centrer les efforts de renforcement des capacités et de formalisation afin de cibler les femmes en tant que main-d’œuvre clé et groupe essentiel de la chaîne d’approvisionnement.
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Le secteur mondial de la gestion des déchets plastiques devrait croître à un taux annuel d’environ 5 % jusqu’en 2032 au moins. Dans les économies émergentes, la gestion des déchets plastiques est à la fois à forte intensité de main-d’œuvre et hautement sexospécifique. Dans la main-d’œuvre informelle qui traite près de 60 % des déchets plastiques dans le monde, les femmes sont surreprésentées dans les fonctions les moins bien rémunérées, notamment le tri, la collecte et le regroupement des déchets. Au sein des ménages, les femmes sont généralement responsables de l’élimination des déchets. La reconnaissance du rôle que jouent les femmes dans la gestion des déchets plastiques peut contribuer à améliorer l’efficacité du secteur, à libérer une valeur marchande inexploitée et à mieux centrer les efforts de renforcement des capacités et de formalisation afin de cibler les femmes en tant que main-d’œuvre clé et groupe essentiel de la chaîne d’approvisionnement.
Principales conclusions

Les femmes sont souvent négligées mais sont des partenaires importantes dans la chaîne de valeur des déchets

01

Il est fondamental de comprendre le rôle des femmes pour concevoir des services de gestion des déchets efficaces.

Comprendre les routines et les difficultés des utilisateurs les plus fréquents du système peut déterminer si les déchets plastiques sont éliminés correctement ou mis dans le même sac, ce qui a des implications en aval pour le traitement.
02

Soutenir les travailleurs au bas de la chaîne de valeur — généralement les femmes — est essentiel pour améliorer les systèmes.

Il est important de comprendre la dynamique de genre au sein de la main-d’œuvre informelle du secteur de la gestion des déchets — et les vulnérabilités particulières de cette composante importante de la main-d’œuvre — pour cibler la formation, comprendre les priorités des travailleurs et travailler efficacement avec le secteur.
03

Augmenter le nombre de femmes dans la main-d’œuvre du secteur formel de la gestion des déchets peut améliorer les résultats.

Les femmes sont souvent exclues des fonctions formelles de gestion des déchets, et en particulier des postes de direction. Cependant, avoir une équipe de direction diversifiée augmente les chances d’attirer d’autres candidates à fort potentiel, et les données montrent des avantages explicites à avoir un secteur diversifié.
04

Les femmes sont souvent des partenaires stratégiques dans la chaîne d’approvisionnement de la gestion des déchets.

Reconnaître le rôle que jouent les femmes dans l’économie locale et la manière dont les entreprises locales peuvent être intégrées dans la chaîne d’approvisionnement des déchets peut donner la possibilité de s’appuyer sur les structures locales.
05

La prise en compte des voix et des vulnérabilités des femmes est un aspect essentiel de l’appui aux projets à l’échelle locale.

La présence de décharges et d’usines de traitement des déchets a également des effets différenciés selon les genres sur la communauté – le fait de ne pas en tenir compte peut exacerber les tensions avec cette dernière et accroître le risque de réputation pour les entreprises concernées.

Stratégies pour combler les écarts entre les hommes et les femmes

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Créer des stratégies de gestion des déchets municipaux efficaces pour les hommes et les femmes, y compris l’éducation au recyclage du plastique.
Réfléchir à des initiatives visant à former et à encadrer les ramasseuses de déchets.
Penser à l’inclusion financière.
Encourager la participation des femmes à des activités innovantes et entrepreneuriales de recyclage des déchets.
Pour plus d’informations et de ressources, voir :

Créer des stratégies de gestion des déchets municipaux efficaces pour les hommes et les femmes, y compris l’éducation au recyclage du plastique.
Réfléchir à des initiatives visant à former et à encadrer les ramasseuses de déchets.
Penser à l’inclusion financière.
Encourager la participation des femmes à des activités innovantes et entrepreneuriales de recyclage des déchets.
Faits saillants

Working with Women as Participants and Leaders can improve Plastic Waste Management.

>90 %
Dans la ville de Pune (Inde) par exemple, les femmes représentent 90 % des ramasseurs de déchets, et presque toutes sont issues de la caste dite des « intouchables », les Dalits.
2 milliards
Environ 2 milliards de personnes dans le monde n’ont pas accès à des services réguliers de collecte ou d’élimination des déchets solides municipaux.

Source : Wilson et Velis, Waste Management-Still a Global Challenge in the 21st Century : An Evidence-Based Call for Action, Sage Publications, 2015.

>12 %
Au Ghana, les femmes ne représentent que 12 % du secteur formel des plastiques (y compris la production et la fabrication, ainsi que la gestion des déchets). Les hommes représentent 89 % des emplois dans la fabrication des plastiques et 92 % des emplois dans la gestion des déchets.

Source : Elsie Odonkor et Katherine Gilchrist, Why Gender is at the Core of Transforming the Plastics Value Chain, Forum économique mondial, mai 2021.

280 000
Aling Tindera, une ONG soutenue par l’USAID, aide les magasins de Manille à devenir des points de collecte d’objets en plastique nettoyés et facilite ensuite la revente du plastique sur le marché. On estime que cela permettra d’éviter l’émission de 280 000 tonnes de GES dans l’environnement, ce qui équivaut à retirer 60 000 véhicules de la circulation pendant un an.

Source : Georgia Hartman and Melinda Donnelly, Women in the Waste Sector: Unlocking Global Climate Gains through Local Action, Climate Links, 2021.

>70 %
Collaborer avec des femmes en tant que ramasseuses de déchets et éducatrices communautaires peut considérablement améliorer le tri des déchets. À Hoi An (Viet Nam) par exemple, cette approche a permis de réduire de plus de 70 % la quantité de déchets finissant dans les décharges.

Source : GEF, “Building a Socialized Model of Domestic Waste Management in Hoi An,” 2018.

Exemples et études de cas
WeCyclers
Au Nigéria, WeCyclers est une entreprise sociale fondée par des femmes qui encourage le recyclage auprès des habitants de Lagos. Les ménages s’inscrivent en ligne et reçoivent ensuite des instructions sur le tri des déchets. La collecte des déchets se fait à l’aide d’un vélo cargo, et les ménages se voient attribuer des points, en fonction du poids des déchets, via une plateforme de SMS. Les points peuvent être échangés contre des articles ménagers, des appareils électroniques et même de l’argent, puis les biens recyclables sont vendus pour être recyclés1. WeCyclers a recyclé 525 tonnes de déchets au cours de ses deux premières années d’exploitation et a remporté de nombreux prix2.

1 The Borgen Project, “How Recycling in Nigeria Can Help the Poor”, 27 mars 2023.

2 Les Grands Moyens, “Small is Powerful—Nigeria”, 14 mai 2015.

Les ramasseuses de déchets de Pune se frayent leur propre chemin
Dans la ville de Pune (Inde), les femmes représentent 90 % des ramasseurs de déchets, et presque toutes sont issues de la caste dite des « intouchables », les Dalits. Les ramasseurs de déchets de Pune se sont non seulement syndiqués, mais ils ont également formé la première coopérative de ramasseurs entièrement autonomes de l’Inde, qui a conclu un protocole d’accord avec la ville de Pune en 2008. En conséquence, les femmes arborent des uniformes les identifiant comme ramasseuses de déchets et ont accès à des équipements de protection individuelle (EPI) ainsi qu’à du matériel amélioré tel que des charrettes motorisées. Ainsi, elles gagnent davantage, tout en travaillant moins. Et grâce au ramassage de porte-à-porte, les déchets passent moins de temps à se dégrader dans les décharges, ce qui améliore leur qualité1. Fait remarquable, la coopérative de ramasseurs de déchets de Pune est toujours en activité en 2024 et elle a élargi les services qu’elle offre à ses membres, notamment des microcrédits. La coopérative a aussi étendu la prestation des services municipaux à d’autres domaines, comme le compostage, la gestion d’une usine de biogaz et la collecte des déchets d’équipements électriques et électroniques, afin d’augmenter les revenus des membres2. Le contrat d’ancrage conclu avec la ville de Pune a donc eu des effets multiplicateurs importants, en plus de rendre la collecte des déchets plus efficace.

1 Carlin Carr, “Untouchable to indispensable: the Dalit women revolutionising waste in India“, The Guardian, 1er juillet 2014.

2 Ardhara Nair, “How Pune Sanitation Workers Joined Hands to Improve Each Others’ Lives”, Times of India, 1 mai 2023.

Rebricks
En Indonésie, Rebricks a été fondée par deux femmes pour traiter et transformer les déchets plastiques en briques destinées au pavage et à la construction1. À l’heure actuelle, Rebricks peut recycler les déchets de 88 000 sachets plastiques par jour, soit 33 millions de sachets par an, en matériaux de construction.

1 Niki Bruce, “When Ovy met Novita: Two women remaking the construction industry with recycled plastic”, Yahoo Lifestyle Singapore, 2020.

CresaTech
En Inde, CresaTech, fondée par des femmes, vise à transformer l’élimination des serviettes hygiéniques : environ 12 milliards de serviettes hygiéniques sont jetées chaque année en Inde. Les tampons CresaTech sont sans plastique et solubles dans l’eau, ce qui est censé réduire considérablement le nombre de tampons qui se retrouvent dans les décharges ou les incinérateurs1.

1 Pour de plus amples informations, rendez-vous sur le site Web de CresaTech.

RePurpose Global
RePurpose Global est une plateforme de crédit plastique créée par Svanika Balasubramanian et ses deux cofondatrices à la suite de leur mémoire de master commun sur l’une des plus grandes décharges de Mumbai (Inde). À l’instar de la neutralité carbone, RePurpose permet aux particuliers et aux entreprises de devenir « neutres en plastique » et d’assumer la responsabilité de leur empreinte plastique en finançant le recyclage de la même quantité de déchets plastiques qu’ils produisent. RePurpose finance actuellement des projets de récupération de plastique dans six pays et travaille avec des partenaires internationaux à la création d’une norme mondiale de compensation des plastiques1. L’intégration de l’égalité des genres dans RePurpose dès le départ était un objectif clé des fondatrices.

1 For more information, visit rePurpose’s website.

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